
Mercredi 25 juin 2025. Ce jour-là, la routine de Jonathan, reporter indépendant reconnu pour ses enquêtes dérangeantes, bascule. Un véhicule de police s'immobilise devant sa propriété. S'approchant naturellement pour demander des explications sur cette présence inattendue, Jonathan est confronté à une réalité glaçante : il est là pour une audition, suite à une vidéo où il aurait filmé les forces de l'ordre, agrémentée de l'acronyme "A.C.A.B.".
Jonathan, calme et sûr de son droit, s'explique. "En France, il n'est pas interdit de filmer la police", rétorque-t-il, avant de préciser que l'acronyme "A.C.A.B." relève de l'appréciation personnelle : "Certains y verront 'All Cops Are Beautiful', d'autres 'All Cops Are Bastards'." Dépourvu d'arguments face à cette réponse pertinente, le policier ordonne malgré tout à Jonathan de le suivre au commissariat pour une "audition libre".
Jonathan insiste : "Avez-vous un mandat d'un juge ou une convocation officielle pour ce type d'interrogatoire ?" Le policier répond par la négative. Fort de son droit, Jonathan affirme alors légitimement sa liberté de partir. C'est à ce moment que les prétendus agents de police, dont l'absence de numéro RIO d'identification sera notée, s'emploient par tous les moyens à le faire monter de force dans leur véhicule.
S'ensuit une véritable chasse à l'homme au sein même de la maison de Jonathan. Les agents tentent de le tazer, tandis qu'il essaie de répliquer à l'aide de son arrosoir automatique. Des allers-retours forcés dans sa propre chambre précèdent le moment où il est finalement maîtrisé et menotté. Une fois entravé, Jonathan est conduit de force... non pas au commissariat comme initialement indiqué, mais directement à l'hôpital psychiatrique, sur simple demande de la Mairie et du Préfet.
Une procédure abusive : Quand l'audition libre se transforme en internement arbitraire
Rappel des faits : L'agent avait pourtant clairement stipulé qu'il s'agissait d'une simple "audition libre", destinée à "constituer la matérialité d'une infraction" et soumise à "l'opportunité des poursuites" du Parquet. En clair, la police ne disposait d'aucun élément concret justifiant une arrestation, encore moins un internement d'office.
Jonathan, loin d'être dément, avait pourtant tenté d'expliquer sa situation personnelle complexe, notamment sa charge d'aidant auprès de sa mère gravement malade. Une réalité accueillie par la plus grande insensibilité des policiers. Il avait même évoqué des pressions antérieures de la police municipale, là encore, ignorées avec la même indifférence.
L'analyse de Ninjaa Média : Un pattern de répression contre la presse indépendante
Pour l'équipe de Ninjaa Média, cet incident n'est pas isolé. Nous percevons, dans les actions de l'État, de la police et d'autres organes, une tentative grandissante de faire taire la voix des journalistes indépendants. Nous-mêmes, à Ninjaa Média, avons été victimes d'une tentative de destruction de notre matériel journalistique lors d'une couverture terrain sur la Flottille de la Liberté. Ce jour-là, seule la mobilisation citoyenne, formant un bouclier autour de nos reporters, a empêché une arrestation arbitraire et la confiscation de nos outils de travail.
Jonathan n'est pas un cas anodin. Ce reporter terrain aguerri a couvert de nombreuses situations que le pouvoir souhaiterait maintenir dans l'ombre : de l'assassinat raciste de Hichem à la défense de la cause palestinienne, en passant par bien d'autres sujets jugés "dérangeants". Son profil en fait une cible privilégiée.
Une victoire contre l'arbitraire, un appel à la vigilance
Fort heureusement, Jonathan est tombé sur un psychiatre intègre qui, après une évaluation minutieuse, a attesté de son aptitude à sortir de l'hôpital psychiatrique. Une véritable victoire contre cette tentative d'intimidation et de répression que la presse indépendante subit de plus en plus fréquemment. C'est précisément face à ces dérives que des initiatives comme Ninjaa Média voient le jour, avec la création de notre site internet et de son propre réseau social, Connect Ninjaa.
Des faits documentés, une solidarité inébranlable
Chaque élément de cette interpellation abusive a été rigoureusement documenté : l'intégralité de l'arrestation de Jonathan a été capturée en direct via un live, dont les replays sont disponibles. De même, la tentative de destruction de notre matériel journalistique lors de l'incident de la Flottille de la Liberté a été enregistrée. Cette documentation sans faille, couplée à la solidarité indéfectible des médias indépendants, constitue notre force face à ce que nous percevons comme un conglomérat d'intérêts ayant infiltré nos institutions.
Ninjaa Média continuera de veiller et de rendre compte, pour que la voix de la presse indépendante ne soit jamais muselée.


